Interview de l'artiste G'NY

Depuis le 28 Octobre, vous pouvez vous procurer le premier album de la chanteuse, auteure, compositrice G’ny, "Libèté". Un opus qui arrive comme un fruit mur, sucré, gorgé de saveurs aussi douces que pétillantes, un album qui s’écoute en boucle. L’artiste a déjà 15 ans de carrière entre musique urbaine, voyages et comédie musicale. Des expériences, des scènes, des rencontres qui rendent cet album éclectique et en même temps unique.

Présente en Guadeloupe pour recevoir un ELWA D'OR, KKFèt a rencontré G’ny pour qu’elle nous en dise un peu plus sur elle.

KKFÈT : G’ny, tu es auteure des 12 titres qui composent LIBÈTÉ. Des titres qui parlent d’amour, de force et de femme. Fanm Isi , single sorti il y a quelques mois, est un pladoyer pour ces femmes qu’on pense « Poto Mitan », les collaborations sont également féminines. Alors féministe ?
G’NY : Le fait d'avoir grandi dans un univers majoritairement composé de femme m'a peut être rendue plus sensible à leur parcours, leur joies et leur souffrances, leur force. Je ne saurai pas expliqué cet élan, peut être est-ce du féminisme je n'en sais trop rien mais j'aime l'idée de valoriser la femme et particulièrement la femme de chez moi dans toutes ses facettes. Concernant l'album c'est une question de sensibilité artistique. De plus, Valérie LOURI est une chanteuse dont j'aime beaucoup le travail et avec qui j'ai tissé des liens d'amitié et Jocelyne BEROARD est un exemple, une grande interprète dont j'aime le regard bienveillant sur notre génération de chanteuse.

KKFÈT : Dans tes chansons, on sent que l'intuition et la spiritualité tiennent une bonne place dans tes textes. Est-ce seulement pour l'Amour ou cela guide tes choix?
G’NY : Je travaille au quotidien à ne pas m'éloigner de mes valeurs. Je crois que c'est grâce à ça que je suis parvenue à aller au bout de bon nombre de projets. Il est important pour moi de pouvoir assumer tout ce que je fais, alors je ne fais que ce que je suis en mesure d'assumer. L'intuition et la foi restent un cadre en toute situation. Parfois la peur ou les apriori peuvent limiter l'action de l'intuition mais pour moi rester en accord avec moi-même demeure l'essentiel en amour ou dans la vie de tous les jours.

KKFÉT : Sur LIBÈTÉ, on sait que tu as travaillé avec des artistes kako, peut-tu nous en dire plus? Dans le « Mizik an Nou » avec Jocelyne BÉROARD, le refrain est "Zouké Kako la", tu sens tu une filiation avec sa musique?
G’NY : Bien sûr qu'il y a une filiation, je dirai même que nous n'avons rien inventé, la musique que je fais aujourd'hui est le fruit d'un héritage laissé par la musique traditionnelle, mais aussi par le zouk. J'ai démarré dans le milieu de la musique urbaine, ensuite la comédie musicale "La Rue Zabym" m'a donné accès à une musique caribéenne teintée de zouk, de soul, de gwo ka, j'ai eu de magnifiques expériences musicales avec des jeunes artistes canadiens qui épousent également la musique d'une toute autre façon, par conséquent mon parcours a été riche de tout ce qui compose la musique de "LIBÈTÉ". A l'image de la musique kako, cette dernière se positionne entre héritage musical et exploration des sonorités nouvelles et des musiques actuelles. Elle me semble être l'écho d'une génération amoureuse de sa culture et ouverte sur le monde.
Exxos qui est l'initiateur de cette dynamique baptisée "Kako" depuis une bonne dizaine d'année, a co-composé avec moi-même plusieurs titres sur l'album, on se connaît depuis un bon nombre d'année et après avoir accumulé les maquettes jamais révélées, notre collaboration semblait évidente tout comme celle concrétisée avec Phonie travaillant dans la même démarche. Sur "LIBÈTÉ" en plus de ces collaborations Kako avec Exxos et Phonie, je propose également une vision plus intime de cette musique grâce à des compositions plus personnelles.

KKFÈT : Ton cheminement est assez atypique, quel est le moment, la rencontre qui t'a le plus marqué ou appris ?
G’NY : Je ne sais pas si on peut parler de rencontres puisqu'elle a été mon professeur de danse. Il s'agit de Léna BLOU selon moi elle réunit en elle, le talent, l'amour pour son île et l'action constructive. Elle est, malgré elle, un exemple pour moi. Son travail de recherche sur la Techni'ka est à féliciter, son engagement à remercier.
Pascal Vallot a aussi été une rencontre déterminante dans mon parcours en me donnant accès au format comédie musicale qui m'a permis d'explorer d'autres expressions artistiques, donner la chance de travailler à me dépasser et qui a suffisamment nourrie ma confiance en moi pour vous présenter "LIBÈTÉ" aujourd'hui. J'ai vécu des moments magiques grâce à cette expérience et découvert un goût particulier pour l'interprétation, le théâtre.

G’ny a présenté son album le 7 novembre au Théatre de la Reine Blanche à Paris. Elle n'a pu être présente lors des scènes du Gwadloup Festival, mais elle sera en Guadeloupe ce week-end, pour recevoir un ELWA D'OR à la Cérémonie du Vendredi 22 novembre 2013!
Elle sera également en dédicace samedi 23 à la Librairie Antillaise à Destreland de 17h à 19h! Plus une minute à perdre, procurez-vous son album, d'ors et déjà en vente chez tous les bons disquaires!

Clip de son premier titre "AN MITAN Kè"

(Crédits photos: Xavier Dollin )